# Quel cheval choisir quand on est cavalier débutant ?
Choisir son premier cheval représente une étape décisive dans le parcours équestre. Cette décision engage votre sécurité, votre progression technique et votre plaisir quotidien pendant plusieurs années. Contrairement aux idées reçues, le choix ne repose pas uniquement sur un coup de cœur esthétique ou une race particulière. Il s’agit d’une démarche réfléchie qui nécessite de prendre en compte votre morphologie, votre niveau réel, vos objectifs équestres et votre budget. Un cheval inadapté peut générer stress, accidents et découragement, tandis qu’un compagnon bien choisi vous permettra de progresser en confiance et de vivre une relation harmonieuse avec votre monture.
Le marché équin propose une grande diversité de profils, du jeune cheval prometteur au cheval d’âge expérimenté, du poney polyvalent au grand cheval de sport. Pour un cavalier débutant, certains critères objectifs permettent d’orienter ce choix vers des profils sécurisants. L’accompagnement d’un professionnel reste indispensable pour évaluer correctement le tempérament, les capacités et l’état de santé de l’équidé. Les erreurs classiques consistent à sous-estimer l’importance du caractère, à surestimer son propre niveau ou à négliger les aspects vétérinaires. Cette démarche méthodique vous évitera bien des désillusions.
Critères morphologiques et tempéramentaux pour sélectionner sa première monture
La sélection d’un cheval adapté commence par l’analyse de critères objectifs qui garantissent la compatibilité entre le cavalier et sa monture. Ces éléments déterminent non seulement votre confort en selle, mais aussi votre capacité à contrôler votre cheval dans différentes situations. Une adéquation morphologique favorise une position correcte, tandis qu’un tempérament adapté permet de gérer les imprévus avec sérénité.
La taille au garrot adaptée au gabarit du cavalier débutant
La taille du cheval constitue un critère fondamental souvent négligé. Un cavalier adulte mesurant entre 1,60 m et 1,75 m trouve généralement son confort sur un cheval de 1,50 m à 1,65 m au garrot. Cette correspondance facilite la monte, améliore l’équilibre et permet d’actionner correctement les aides. Un cheval trop grand crée une sensation d’insécurité et complique la descente d’urgence, tandis qu’un cheval trop petit limite vos possibilités d’évolution technique. Le rapport poids du cavalier/poids du cheval doit également être respecté : idéalement, le cavalier équipé ne devrait pas dépasser 20% du poids de sa monture. Un cavalier de 70 kg nécessite donc un cheval d’au moins 350 kg, soit généralement un animal de 1,45 m minimum.
La longueur de vos jambes influence aussi ce choix. Des jambes longues requièrent un cheval avec une cage thoracique développée pour éviter que vos pieds ne pendent trop bas. À l’inverse, des jambes courtes s’accommodent mieux de chevaux compacts. N’hésitez pas à essayer différents gabarits pour identifier celui qui vous procure naturellement une position stable et équilibrée.
Le tempérament sanguin versus lymphatique : comprendre les différences comportementales
Le tempérament constitue probablement le critère le plus déterminant pour un débutant. Les chevaux se classent schématiquement en deux catégories : les sanguins (réactifs, énergiques, parfois nerveux)
et les lymphatiques (posés, parfois un peu lourds, peu impressionnables). En pratique, la majorité des chevaux se situent entre ces deux pôles. Pour un cavalier débutant, on privilégie un tempérament plutôt froid, c’est-à-dire un cheval qui ne réagit pas de façon explosive au moindre stimulus, mais qui reste néanmoins suffisamment en avant pour répondre aux aides. Un cheval trop sanguin peut amplifier vos erreurs de main ou de jambe et générer rapidement de la peur. À l’inverse, un cheval excessivement lymphatique demandera beaucoup de jambes et risque de décourager un cavalier encore peu tonique.
Observez le comportement du cheval au pansage, à la mise en selle et lors des premières minutes de travail. Un équidé qui reste curieux mais serein, qui ne sursaute pas à chaque bruit et qui accepte volontiers le contact se révèle souvent adapté aux profils débutants. N’hésitez pas à demander au vendeur de monter d’abord le cheval : cela vous permettra de voir comment il réagit face à un cavalier plus assuré, puis de comparer lorsqu’il vous porte, vous. Gardez en tête que le bon compromis pour un premier cheval est un mental stable, indulgent, sans être « éteint ».
L’âge idéal du cheval : privilégier les équidés expérimentés entre 8 et 15 ans
Contrairement aux idées reçues, un jeune cheval n’est pas forcément un meilleur investissement pour un cavalier débutant. Entre 8 et 15 ans, la plupart des chevaux ont déjà acquis une solide expérience, ont terminé leur croissance et présentent un mental plus stable. Ils ont été confrontés à diverses situations (carrière, extérieur, présence d’autres chevaux, transports) et réagissent de manière plus prévisible. Pour un cavalier en phase d’apprentissage, cette constance est précieuse : elle permet de se concentrer sur sa technique plutôt que de gérer les réactions imprévisibles d’un jeune cheval.
En dessous de 6–7 ans, même un cheval au bon caractère reste en construction mentale et physique. Il teste, apprend encore les codes et nécessite des interventions fines et cohérentes au quotidien, ce qu’un débutant ne peut pas toujours offrir. Au-delà de 15 ans, un cheval peut parfaitement convenir à condition d’être bien entretenu et de bénéficier d’un suivi vétérinaire régulier. Il faudra cependant accepter d’adapter le travail à ses capacités physiques et anticiper plus rapidement d’éventuels frais de santé (arthrose, dents, dos). Là encore, l’avis d’un vétérinaire et d’un moniteur s’avère précieux pour juger de l’aptitude d’un cheval d’âge à accompagner un débutant.
La conformation physique : dos court, encolure équilibrée et aplombs réguliers
La conformation, c’est-à-dire la façon dont le cheval est « construit », influence directement son confort sous la selle, sa longévité au travail et la facilité avec laquelle il portera un cavalier débutant. Un dos plutôt court et solide, une encolure bien attachée et des aplombs réguliers constituent des atouts majeurs. Un dos trop long aura tendance à se creuser sous un cavalier peu équilibré, tandis qu’un dos très court et rigide peut manquer de souplesse. L’idéal est un cheval qui présente une ligne du dessus homogène, sans encolure plantée « à l’envers » ni garrot noyé difficile à seller.
Les aplombs (orientation des membres vus de face et de profil) doivent être surveillés avec attention. Des défauts marqués (panard, cagneux, jarrets de vache, boulets bas) augmentent le risque de lésions articulaires à moyen terme, surtout si le cheval est sollicité en extérieur ou en saut. Pour un cavalier débutant, il est important de choisir un cheval « fonctionnel », facile à muscler et à entretenir. Imaginez vos futures séances comme la construction d’une maison : si les fondations (la conformation) sont fragiles, tout l’édifice (le travail) sera plus compliqué à maintenir dans le temps.
Les races équines recommandées pour l’apprentissage équestre
Si chaque cheval reste un individu unique, certaines races présentent, en moyenne, des caractéristiques particulièrement intéressantes pour l’apprentissage équestre. Rusticité, mental stable, polyvalence et confort en selle sont autant de critères à considérer lorsque l’on cherche un cheval pour débutant. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans un « idéal de race », mais plutôt d’identifier des profils qui ont fait leurs preuves avec des cavaliers en formation, que ce soit en club, en demi-pension ou en propriété.
Le haflinger : polyvalence et docilité pour les débutants anxieux
Originaire des Alpes, le Haflinger est un petit cheval ou grand poney à la robe alezane dorée et à la crinière claire, reconnaissable au premier coup d’œil. Sa taille intermédiaire (environ 1,35 m à 1,50 m) convient très bien aux adultes de gabarit moyen comme aux adolescents. Côté tempérament, il est réputé calme, franc et peu impressionnable, ce qui en fait un excellent partenaire pour les cavaliers débutants anxieux ou manquant de confiance. En carrière, il propose des allures généralement confortables, avec un trot cadencé qui facilite l’apprentissage du trot enlevé.
Sa rusticité est un autre atout majeur : le Haflinger vit volontiers au pré, supporte bien les conditions de climat variées et nécessite rarement des rations concentrées importantes. En équitation de loisir, il se montre polyvalent : dressage de base, petit saut, randonnée, voire attelage léger. Attention cependant à son côté parfois « malin » : certains sujets testent volontiers la motivation du cavalier et peuvent se montrer un peu têtus si l’on manque de cohérence. Un encadrement régulier permettra de poser dès le départ un cadre clair et respectueux.
Le quarter horse : calme américain et maniabilité en carrière
Le Quarter Horse, cheval de travail emblématique des États-Unis, est souvent cité parmi les meilleures races pour débutants. D’un gabarit intermédiaire (1,45 m à 1,60 m), compact et puissant, il présente en général un dos court, une croupe musclée et un mental très posé. Sélectionné à l’origine pour le travail du bétail, il doit pouvoir rester concentré, garder son sang-froid et répondre à des aides discrètes : des qualités idéales pour accompagner un cavalier en apprentissage, notamment s’il souhaite découvrir l’équitation western ou le loisir polyvalent.
En carrière, le Quarter Horse se distingue par des allures souvent souples, avec un galop très confortable et équilibré. Son tempérament coopératif en fait un bon « professeur » pour travailler les transitions, les arrêts précis et la direction. Comme tout cheval proche de l’homme, il a toutefois besoin d’un cadre éducatif clair : un Quarter surdoué mais sur-sollicité en compétition ou mal cadré peut devenir trop réactif pour un débutant. Lors de l’essai, privilégiez un sujet déjà habitué à des cavaliers variés, ayant fait ses preuves en club ou en loisir familial.
Le selle français de type intermédiaire pour la polyvalence
Le Selle Français est la race de sport emblématique en France, largement représentée en saut d’obstacles, mais aussi en concours complet et en dressage. Pour un cavalier débutant qui souhaite progresser vers la compétition amateur, un Selle Français de type intermédiaire, ni trop « chaud », ni trop massif, peut constituer un excellent choix. Il offrira un bon potentiel d’évolution tout en restant accessible, à condition d’être déjà bien dressé et d’avoir un mental éprouvé. Privilégiez des chevaux ayant tourné en épreuves clubs ou amateurs avec différents cavaliers, plutôt que de jeunes sujets fraîchement sortis du débourrage.
En termes de morphologie, le Selle Français présente souvent une grande amplitude de mouvement et une réactivité aux aides qui peuvent surprendre un débutant. C’est pourquoi le niveau de dressage et le vécu du cheval sont ici décisifs. Un modèle trop « sanguin », issu de lignées très tournées vers le haut niveau, ne conviendra pas à un cavalier encore en recherche de stabilité. En revanche, un Selle Français issu de croisements plus « loisir » ou avec du sang étranger plus froid (Cob, trotteur, etc.) offrira une polyvalence intéressante : travail sur le plat, obstacles, balades encadrées.
Le fjord norvégien : robustesse et mental stable pour tous niveaux
Le Fjord est un petit cheval originaire de Norvège, à la robe isabelle ou bai dun et à la crinière bicolore caractéristique. Sa taille (environ 1,35 m à 1,50 m) et son ossature solide lui permettent de porter aisément des adultes, y compris de gabarits un peu plus lourds, tout en restant très maniable. C’est un cheval au mental exceptionnellement stable, peu sujet aux écarts et aux réactions démesurées. Pour un cavalier débutant, c’est un véritable « diesel » : il démarre calmement, reste régulier et pardonne beaucoup d’erreurs sans se braquer.
Sa grande rusticité en fait aussi un allié économique : il se contente souvent de foin de bonne qualité et d’un suivi vétérinaire basique, à condition de surveiller le surpoids. En extérieur, le Fjord est très sûr, notamment en terrain varié et accidenté, ce qui rassure les cavaliers appréhendant les promenades. En carrière, il se prête bien au dressage de loisir et au travail à pied. Il faut toutefois accepter qu’il ne sera pas le plus rapide ni le plus spectaculaire sur un parcours de CSO élevé : c’est un partenaire de long terme pour le loisir, la pédagogie et la confiance.
Le welsh cob section D : format intermédiaire et caractère fiable
Le Welsh Cob de section D est un poney grand format, souvent entre 1,45 m et 1,55 m, au modèle compact et musclé. Issu d’une sélection britannique orientée vers la polyvalence, il allie puissance, endurance et un tempérament généralement franc. De nombreux sujets sont utilisés en club, en attelage et en concours complet de niveau amateur, car ils combinent agilité et solidité mentale. Pour un cavalier débutant de gabarit moyen à grand, le Welsh Cob offre un excellent compromis entre la maniabilité d’un poney et la capacité de port d’un cheval.
Son caractère, proche de l’homme et souvent très expressif, en fait un partenaire attachant, mais qui peut parfois tester son cavalier si les règles ne sont pas posées clairement dès le départ. Un Welsh Cob bien éduqué devient un formidable professeur : il apprend au cavalier à être précis dans ses demandes, sans se montrer dangereux ni explosif. Si vous envisagez de pratiquer le dressage de loisir, le CSO sur des hauteurs raisonnables et beaucoup d’extérieur, cette race mérite clairement votre attention, à condition de sélectionner un individu déjà bien mis et habitué aux cavaliers variés.
Évaluation du niveau de dressage et des aptitudes pédagogiques du cheval
Au-delà de la race et de la morphologie, la qualité du dressage et l’expérience pédagogique du cheval sont déterminantes pour un cavalier débutant. Un cheval peut être parfaitement sain et bien conformé, mais inadapté à l’apprentissage s’il ne maîtrise pas les bases ou s’il n’a connu qu’un seul cavalier très expérimenté. L’objectif est de trouver un cheval « instituteur », c’est-à-dire capable de répéter inlassablement les mêmes exercices, de pardonner les maladresses, tout en restant suffisamment réactif pour faire progresser son cavalier.
La maîtrise des trois allures : pas, trot et galop en équilibre
Un cheval pour débutant doit présenter des allures régulières et faciles à suivre. Au pas, il doit avancer franchement sans avoir besoin d’être poussé en permanence, tout en restant contrôlable. Au trot, la cadence doit être suffisamment stable pour permettre au cavalier de trouver son trot enlevé et, plus tard, de s’asseoir sans se faire « éjecter » de la selle. Au galop, on recherche un départ simple, sans précipitation ni ruades, avec un galop équilibré qui ne penche pas exagérément sur l’épaule intérieure.
Lors des essais, veillez à tester les trois allures, y compris le galop, même si vous manquez encore d’aisance. Le moniteur ou le cavalier expérimenté qui vous accompagne pourra monter en premier pour vérifier que le cheval part au galop sans défense et maintient un rythme régulier. Un cheval qui se désunit, se couche dans les virages ou accélère brutalement à chaque transition rendra l’apprentissage difficile. À l’inverse, un cheval qui se tient de lui-même dans un équilibre correct sera un précieux allié pour affiner votre position.
Les transitions montantes et descendantes fluides sans défense
Les transitions (pas–trot, trot–galop, galop–trot, trot–pas, etc.) sont un excellent indicateur de la qualité du dressage. Un cheval bien éduqué répond à une demande progressive, sans lever brusquement la tête, ouvrir la bouche, ruer ou s’arrêter net. Pour un cavalier débutant, des transitions douces permettent de se concentrer sur la coordination des aides et la stabilité de l’assiette. Imaginez les transitions comme les vitesses d’une voiture : si chaque changement fait « sursauter » l’ensemble, le conducteur finit par appréhender la conduite.
Lors de l’essai, multipliez les transitions simples, d’abord sous la conduite du cavalier expérimenté, puis par vous-même. Observez si le cheval anticipe, s’énerve, ou au contraire reste disponible et à l’écoute. Un cheval qui doit être « tiré » pour repasser au pas, ou au contraire qui s’arrête dès que vous relâchez vos jambes, manque de bases ou de condition physique pour un travail pédagogique. Idéalement, la transition doit se faire avec des aides discrètes : une légère action des jambes pour avancer, une action de main progressive associée à une assiette assise pour ralentir.
La réactivité aux aides naturelles : jambes, assiette et mains légères
Un cheval adapté à l’enseignement doit répondre principalement aux aides naturelles : jambes, poids du corps, mains. Il doit se déplacer latéralement si vous engagez votre jambe intérieure, accélérer légèrement lorsque vous serrez les mollets, et ralentir quand vous vous asseyez davantage en accompagnant avec vos mains. L’objectif n’est pas d’avoir un cheval « bouton » de haut niveau, mais un cheval éduqué qui comprend et respecte les aides même si elles manquent encore de finesse.
Un cheval insensible à la jambe, qu’il faut stimuler sans cesse, risque de fatiguer et de démotiver un débutant. À l’inverse, un cheval sur-réactif, qui part en avant à la moindre pression, peut générer de la peur et des situations dangereuses. L’idéal se situe entre les deux : un cheval qui répond, mais laisse le temps au cavalier de s’organiser. Demandez à votre moniteur d’observer comment le cheval réagit à vos demandes actuelles : s’il s’adapte rapidement à votre équitation sans se braquer, c’est un très bon signe.
L’expérience en carrière, manège et parcours extérieurs sécurisés
Un cheval pour débutant ne doit pas seulement être fiable en carrière fermée ; il doit aussi avoir une expérience suffisante en extérieur pour évoluer sereinement en balade encadrée. Un cheval qui se fige à chaque camion, sursaute à la vue des vélos ou refuse systématiquement de passer les flaques compliquera vos premières sorties. À l’inverse, un cheval habitué aux chemins, aux croisements de voitures et aux rencontres avec d’autres chevaux offrira au cavalier débutant des conditions idéales pour découvrir la randonnée en sécurité.
Idéalement, testez le cheval dans au moins deux contextes : une séance en carrière ou manège, puis une courte sortie en extérieur. Observez son comportement lors des départs du club, des croisements et des retours vers l’écurie. Un cheval bien dans sa tête reste à votre écoute, même s’il se montre un peu plus énergique dehors. N’hésitez pas à poser des questions sur son historique : a-t-il déjà été utilisé en centre équestre ? En demi-pension avec des cavaliers de niveaux variés ? Ces informations vous aideront à évaluer ses véritables aptitudes pédagogiques.
Vérifications vétérinaires et examen locomoteur pré-achat
La visite vétérinaire d’achat constitue une étape incontournable, souvent sous-estimée par les cavaliers débutants. Elle permet de vérifier l’aptitude du cheval à l’usage prévu (loisir, compétition légère, randonnée, etc.) et de détecter des pathologies susceptibles de compromettre sa carrière ou de générer des frais importants à court terme. Même pour un budget modeste, renoncer à cette visite revient à acheter une voiture d’occasion sans jamais ouvrir le capot : vous prenez un risque financier et émotionnel considérable.
La visite d’achat en cinq temps : protocole standardisé obligatoire
En France, la plupart des vétérinaires équins s’appuient sur un protocole standardisé, souvent décrit en quatre ou cinq temps. Il comprend généralement : un examen général (état d’embonpoint, dents, yeux, cœur, respiration), un examen statique (inspection de la conformation, des aplombs, palpation des membres et du dos), un examen dynamique en ligne droite et en cercle (au pas et au trot), des tests de flexion pour solliciter les articulations et, selon les cas, des examens complémentaires (radiographies, échographies, analyses sanguines). Ce protocole peut être adapté selon l’âge du cheval et le type d’utilisation envisagé.
En tant qu’acheteur, vous êtes libre de choisir le vétérinaire et de lui préciser vos attentes : cheval de loisir léger, projet de concours régulier, orientation randonnée, etc. N’hésitez pas à demander un compte rendu écrit détaillé. Le vétérinaire ne se prononcera pas sur l’opportunité de la transaction, mais sur l’aptitude du cheval à répondre à vos objectifs. Cet avis, croisé avec celui de votre moniteur, vous permettra de prendre une décision éclairée, plutôt que de vous fier uniquement à votre coup de cœur.
Les pathologies rédhibitoires : emphysème, fourbure chronique et arthrose avancée
Certaines pathologies doivent alerter immédiatement lorsqu’on cherche un cheval pour cavalier débutant. L’emphysème (ou maladie respiratoire obstructive chronique) compromet les efforts prolongés, notamment en extérieur ou en carrière poussiéreuse. La fourbure chronique, même stabilisée, demande un suivi alimentaire et maréchal strict, avec un risque de rechute à chaque erreur de gestion. L’arthrose avancée des membres ou du dos limite les capacités à supporter un travail régulier et peut nécessiter des traitements coûteux (infiltrations, compléments articulaires, etc.).
Si un cheval présente l’une de ces pathologies à un stade significatif, il peut parfois convenir pour un usage très restreint et encadré, mais ce n’est généralement pas un bon choix pour un premier cheval. Un cavalier débutant aura déjà beaucoup à apprendre sur le travail et la gestion quotidienne ; ajouter une pathologie lourde augmente fortement la charge mentale et financière. Lors de la visite d’achat, posez clairement la question au vétérinaire : « Ce cheval est-il adapté à un cavalier débutant pour un usage de loisir régulier ? » Son avis argumenté vous aidera à éviter des situations douloureuses.
L’examen radiographique des membres et du rachis cervico-dorsal
Selon le budget d’achat et les objectifs, le vétérinaire peut recommander un bilan radiographique plus ou moins étendu. Pour un cheval destiné au loisir simple, un nombre limité de clichés ciblant les articulations les plus sollicitées (paturons, boulets, jarrets, jarrets postérieurs) peut suffire. Pour un projet incluant du saut régulier ou une utilisation plus sportive, un examen plus complet, incluant les pieds, les jarrets, les grassets, voire le rachis cervico-dorsal (nuque, encolure, dos), est fortement conseillé. Les radiographies permettent de détecter des lésions parfois invisibles à l’examen clinique simple.
Il est important de comprendre qu’aucun cheval n’est « parfait » sur le plan radiologique, surtout passé un certain âge. Certains défauts mineurs peuvent être acceptables si l’usage prévu reste modéré et si la locomotion est bonne. L’essentiel est d’éviter les lésions évolutives ou très handicapantes à moyen terme, particulièrement chez un cavalier débutant qui ne pourra pas toujours adapter finement le travail. Discutez avec votre vétérinaire du rapport risque/bénéfice : parfois, un cheval légèrement marqué mais bien adapté mentalement sera un meilleur choix qu’un sujet « nickel » mais au tempérament ingérable.
Budget d’acquisition et coûts d’entretien mensuels selon le statut
Avant même de visiter des chevaux, il est indispensable d’établir un budget réaliste, non seulement pour l’achat, mais aussi pour l’entretien mensuel. Un cheval « pas cher » à l’achat peut se révéler très coûteux à entretenir s’il nécessite une pension haut de gamme, de nombreux compléments ou des soins vétérinaires réguliers. À l’inverse, investir un peu plus dans un cheval sain, rustique et bien dressé peut réduire significativement les frais imprévus. On estime qu’en France, le coût d’entretien d’un cheval en pension tourne en moyenne entre 250 € et 600 € par mois, selon la région et le type de structure.
Le budget mensuel devra intégrer au minimum : la pension (pré, pré/box ou box), la maréchalerie (parage toutes les 6 à 8 semaines, ferrure éventuelle), les vaccins annuels, les vermifuges, les soins dentaires réguliers, sans oublier l’équipement (selle adaptée, protections, tapis, licols, couvertures si besoin). Pour un cavalier débutant, il est souvent prudent de prévoir une marge financière pour les imprévus : petite blessure, séance supplémentaire avec un professionnel, adaptation de la selle, etc. Avant de vous engager, faites un tableau prévisionnel sur 12 mois afin de vérifier que ce projet reste compatible avec vos moyens.
Accompagnement professionnel : moniteur diplômé et essais pratiques avant décision finale
Enfin, un élément clé pour réussir l’achat de votre premier cheval réside dans l’accompagnement professionnel. Un moniteur diplômé, qui connaît votre niveau réel, vos appréhensions et vos objectifs, sera le mieux placé pour vous aider à sélectionner des profils adaptés et à décrypter le comportement des chevaux lors des essais. Il saura aussi vous alerter si un cheval, même séduisant sur le papier, ne correspond pas à vos besoins actuels. Ne sous-estimez pas cette étape : un cheval, même qualifié de « parfait débutant » par son vendeur, peut se révéler exigeant dès que le contexte change.
Idéalement, prévoyez plusieurs essais avec le même cheval, dans des conditions variées : séance en carrière, petite balade, monte à différentes heures de la journée. Laissez d’abord votre moniteur tester l’équidé pour vérifier sa réactivité, puis montez vous-même, en restant à l’écoute de vos sensations : vous sentez-vous en confiance ? Avez-vous l’impression de pouvoir progresser avec ce cheval ? Prenez le temps de la réflexion après chaque essai, sans vous laisser presser. Un achat réfléchi, accompagné et validé sur les plans technique, vétérinaire et financier, constitue la meilleure garantie pour entamer votre vie de propriétaire dans de bonnes conditions et profiter pleinement de votre cheval débutant.